Si l’impact du réchauffement climatique est ressenti sur le plan mondial avec de violents dérèglements, des scientifiques traquent régulièrement les indices de ses effets sur le territoire picard.

 

De nombreuses espèces sont témoins du changement climatique

 

Selon le GIECC (http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml), une hausse de 2 à 3°C des températures à la surface de la terre est équivalente à des déplacements de 360 km en latitude vers le Nord. Réunissant environ 50 collaborateurs, le Conservatoire d’espaces naturels de Picardie tente de capter et d’analyser lesdits déplacements ; pour ce faire, il a aménagé plus de 150 stations à travers la région picarde.

Le conservatoire étudie de nombreuses espèces animales et floristiques méridionales (la sauterelle Ephippiger des vignes, la libellule et la mante religieuse de Sympètre, le papillon Azuré de la croisette, l’orobanche de la germantré, …) et septentrionales (la Cigüe véreuse, des fleurs calcaires, …). Avec la succession d’hivers doux, les effets clivants du gel sont limités ; à cause de cela, l’araignée des tourbières est désormais confinée dans les marécages de Sacy et le dernier bastion de l’ombellifère se trouve dans la réserve naturelle de Saint-Quentin.

 

Des groupes d’associations militantes et informées

 

Le site participatif « Clicnature » contient une liste regroupant toutes les espèces mentionnées ci-dessus (avec ses 17 collaborateurs, il s’agit de l’une des associations écologiques régionales).

Fondé en 1976, le Roso (Regroupement des organismes de sauvegarde) est l’un des premiers lanceurs d’alerte dans l’Oise ; il fédère plus de 70 associations locales et multiplie les procès liés aux entreprises polluantes et aux équipements publics.

En plus des dossiers locaux, des thèmes régionaux sont également pris en compte lors des débats sur le changement climatique ; dans la région de la Somme par exemple, le « trait de côte » évolue régulièrement et apparaît désormais comme un important enjeu. Par ailleurs, la montée des océans est également devenue l’un des principaux sujets d’actualité pour les pouvoirs publics car ses effets sont nombreux : amplification de l’intensité et du rythme des tempêtes, recul de la biodiversité, morcellement des trames de prairies humides, …

 

L’impact du réchauffement climatique sur les forêts

 

Les forêts recouvrent respectivement 9% et 18% des territoires du Nord-Pas-de Calais et de Picardie. Le CRPF (Centre régional de la propriété forestière du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie) a défini en 2013 les principales espèces qui sont témoins du changement climatique (fondé en 2006, cet organisme a pour but de caractériser les évolutions forestières en fonction des variations climatiques).

Les plans de gestion forestiers étant projetés sur plus d’un siècle, l’échelle spatiale se dilate et l’échelle temporelle est modifiée. Sur les 28 places forestières observées par le centre, s’ajoute le territoire de la Grande-Bretagne (ledit territoire est en effet associé au programme Multifor).

Bien que de nombreux scientifiques discutent fortement les causes du réchauffement climatique, Hervé Leyrit (expert en changements paléoclimatiques à l’Institut Lasalle) estime que ce dernier n’a aucune frontière ; selon lui, la Picardie est une zone transitoire et les phénomènes climatiques observés sur place sont plus difficiles à décrypter que ceux observés aux pôles. Toutefois, aucune recherche n’est pour le moment axée sur les géosciences à l’Institut Lasalle, encore moins sur le changement climatique.

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